« L’Electeur, voilà l’ennemi ! »

(l’anarchie, 1906)


A TOUS,

Dans quelques semaines, la foire électorale va s’ouvrir. Les honnêtes citoyens de France et de Navarre vont être appelés à exercer leur souveraineté en se nommant des maitres qui leur feront des lois.

Qu’est-ce donc que la loi ? C’est l’acceptation par certains hommes (majorité) d’une appréciation que contestent d’autres hommes (minorité) ; cette appréciation peut être juste, elle peut ne pas l’être. Elle ne l’est pas nécessairement parce qu’elle est devenue la loi. La vérité peut être du côté de la majorité, du côté de la minorité, ou même ailleurs.

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Le Bétail électoral

Par Albert Libertad
(l’anarchie, 1906)


Le Bétail électoral

Ici même, j’ai croqué à grands traits, le bétail syndical, le bétail patriotique, le bétail des jaunes, le bétail des honnêtes, il faut aujourd’hui que je dépeigne le plus important des bétails, le plus fort par la bêtise, le bétail électoral.

Sur la peau d’âne du tambour nationaliste, sur la baudruche des tambourins républicains, aux cordes de la guitare sentimentalement humanitaire, aux cuivres de la trompette révolutionnaire voilà que se bat, que se touche, que se sonne le rappel du bétail ; c’est le ranz des électeurs qui retentit partout à travers l’espace.

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Gueules d’Electeurs et Mufles de Candidats

Par Mauricius
(l’anarchie, 1914)


Gueules d’Electeurs
et Mufles de Candidats

Ouf ! c’est fini… je puis aller me faire désinfecter… j’en ai besoin… Depuis un mois

Du levant au couchant, partout, du sud au pôle

j’ai harangué les électeurs.

C’est une besogne réjouissante, mais on y attrape des microbes, des extinctions de voix et, de temps à autre, un œil au beurre noir et une heure au poste de police.

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La Femme et le Vote

Par Anna Mahé
(l’anarchie, 1906)


La Femme et le Vote

LA FEMME DOIT VOTER
ELLE SUBIT LES LOIS ET LES IMPÔTS
Nous voulons le suffrage universel
Et non le suffrage unisexuel

Tel est, paraît-il, le texte d’affiches apposées par les membres d’un groupe féministe : La Solidarité des femmes.

J’espère bien que tous comprendront la logique, l’utilité absolue de cette revendication des femmes. Nous subissons les lois et les impôts. Ayons au moins la satisfaction et la consolation de dire : « Nous avons contribué à fixer le taux de ces impôts. Nous sommes au même titre que les hommes, le peuple souverain ; nous pouvons tous les quatre ans exprimer notre volonté en nommant nos maîtres, voire nos maîtresses. » J’ai l’habitude de ne voir autour de moi que des individus ayant mêmes intérêts et mêmes besoins, et pourtant aujourd’hui c’est en tant que femme, et surtout aux femmes que je voudrais parler.

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La Blague du Suffrage Universel

Par Mauricius
(l’anarchie, 1914)


La Blague du Suffrage Universel

Recueil succinct d’arguments antiparlementaires

* * *

Qu’est-ce que la loi ?

La religion avait déclaré que l’homme portait l’hérédité du péché originel, et que, mauvais et corrompu dès sa naissance, ne pouvant se conduire lui-même raisonnablement, il fallait que Dieu, par l’intermédiaire de ses inspirés, lui indiquât la loi qu’il devait suivre. Cette loi était remise en dépôt à l’Eglise qui devait la faire respecter.

Mais la loi divine, spirituelle et morale, dégénéra vite en des règlements temporels.

L’autorité naquit, religieuse d’abord, royale ensuite. Elle était toujours basée sur ce principe que l’homme déraisonnable et mauvais avait besoin de guides.

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Le Mensonge Électoral

Par André Lorulot
(l’anarchie 1914)


Le Mensonge Électoral

Discours sincère aux hommes qui votent

* * *

— O électeurs, êtes-vous des hommes raisonnables ?

Peut-être le croyez-vous ? Mais peut-être n’oserez-vous rien affirmer ? Ce second parti est prudent.

Etre raisonnable, c’est être capable d’agir en toutes choses pour son bien propre, c’est suivre sans dévier le chemin de la vérité, c’est faire son bonheur et c’est aussi contribuer au bonheur d’autrui, ne pas gêner son prochain, ne lui causer ni peines, ni souffrances, être bon, juste, tolérant…

L’homme raisonnable (s’il existait) saurait se conduire logiquement, il trouverait en lui-même les commandements de la vraie morale, et pour lui, lois et règlements deviendraient superflus.

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