Les élections

Par Octave Mirbeau
(La France, 1885)


LETTRES DE MA CHAUMIÈRE

LES ÉLECTIONS

 

Où fuir ? où se cacher ?

Déjà les campagnes sont infectées de la terrible lèpre ; les cabarets grondent roulant leurs yeux ivres ; sur les murs des maisons solitaires qui se dressent au haut des carrefours, des affiches rouges, bleues, jaunes éclatent et pétaradent. Les paysans se hâtent de rentrer leurs blés et leurs avoines, avant que ne souffle, pareille au sirocco dévastateur, la trombe de la politique. Il y a dans l’air comme une mauvaise odeur de vin répandu, et de partout, de droite, de gauche, du centre, vous arrivent les clameurs assourdissantes des comités, hissés et battant la grosse caisse sur des foudres d’alcool.

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